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"A vouloir enseigner trop de médecine, on n'a plus le loisir de former le médecin"
Jean Hamburger, Extrait de La puissance et la fragilité
"Le lavage de cerveaux en liberté", voici un des titres du Monde diplomatique qui reprend un interviwew de Noam Chomsky, Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur, après bien d’autres ouvrages, de Pirates et empereurs. Le terrorisme dans le monde contemporain, Fayard, Paris, 2003.
La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.
Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosque.
En effet, notre société médiatique pose question... Communiquer, c'est formidable quand il s'agit de diffuser largement les idées. Mais quand on l'instrumentalise et que l'on ne véhicule plus que l'absence d'idée, le néant intellectuel, cela devient fort dangereux.
Amiens, un 15 août... je suis assis studieusement dans mon bureau, prêt à rédiger quelques pages sur les inégalités géographiques de santé. Le soleil pénétre largement par les fenêtres ouvertes. La cathédrale se détache majestueusement sur un ciel bleu azur. Il y a peu de circulation dans la rue... ça sent les vacances.
Le président du secours populaire revendiquait avec énergie ce matin un "droit aux vacances"... Il est à peine 8h00, en ce 15 août, Sarah s'appréte à partir pour le CHU, assurer son astreinte hospitalière. On se regarde d'un air entendu. Cet été passé à Amiens n'a pas été des plus ensoleillés et le travail est au programme. C'est un choix.
Un "droit aux vacances"... à priori difficile à justifier, non? Les vacances, pour moi en tout cas, reste un "luxe". Un luxe certes qui s'est largement démocratisé, mais ce n'est en aucun cas un besoin vital. Si?
Et pourtant, si l'on reprend la définition de la santé de l'OMS: « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité », (Préambule adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, juin 1946)
"social", voilà qui justifie beaucoup de choses... Faudrait-il alors un foisonnement de droits créances, pour que l'Etat Providence (feu l'Etat Providence?) puisse garantir à tous un "état de complet bien-être" rendu précaire par l'impossibilité de jouir de tous les "luxes" qu'offre notre société d'ultra-consommation? Un droit à un téléphone portable, un droit à une grosse et belle voiture (symbole de virilité et de réussite sociale), un droit à être beau (la médecine peut y aider, parait-il), riche et intelligent (par contre les greffes de cerveaux ne sont pas encore à la hauteur de cet "enjeu de santé publique"...).
Raisonnement par l'absurde, certes mais c'est dans un but démonstratif. Si l'on met de côté ( mais le peut-on vraiment?) le coût sociétal, que serait un Etat qui donnerait à chacun dès sa naissance des "droit à" aussi fantaisistes qu'un "droit aux vacances"? L'Etat a vocation selon moi à donner à chacun les chances de... La santé pour revenir au sujet qui ne m'est pas le plus étranger, est un service qui doit être pris en charge pour vous donner les chances de ... notamment d'un réussite sociale. Il me semble difficile de trouver un emploi quand un maladie vous affaiblit, mais est-ce difficile, a-t-on une perte de chance de trouver un emploi si on ne peut partir en vacances?
Le temps de rédiger cette note le soleil est caché par un nuage gris. L'été est finit.
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